Dans l'avant-propos de son Plaidoyer
pour l'arbre (Actes Sud, 2005), Francis Hallé admet que les mots et les
images ne sont pas adaptés à la description des arbres. Il cite le témoignage de
John Fowles (L'Arbre, 2003) :
Les bois [...] sont pleins d'une puissante sensualité. Peut-être n'y
trouve-t-on pas autant d'espèces différentes que dans d'autres milieux, mais,
par les impressions sensorielles qu'on y éprouve, il n'en est assurément aucun
d'aussi riche et d'aussi intense. Nulle part, les deux grands moyens de
reproduction contemporains, l'écrit et la photographie, ne sont plus désemparés,
et moins aptes à capturer le son (ou l'absence de son) et les senteurs, les
températures et les humeurs, la totalité vivante et vivace, les degrés divers du
sentiment d'attirance verticale, d'intégration aux différentes formes de vie, la
subtilité intriquée de leurs relations. A maints égards, les bois sont comme la
mer : sensuellement beaucoup trop variés, beaucoup trop immenses pour que les
mots ou l'objectif en puissent capter autre chose que des surfaces ou des
aperçus. Les uns comme l'autre sont la défaite des appareils optiques, des
toiles et des cartons à dessin, les uns comme l'autre sont impossibles à
encadrer ; et les mots, désespérément trop laborieux et ressassés pour en rien
saisir, sont tout aussi vains que les images.
Malgré cela, j'ai tenté parfois, dans les croquis présentés ici, d'en saisir quelque aspects.