Emmenez-moi, chemins !...
dit Marceline Desbordes-Valmore, en pensant à la Flandre natale (Un ruisseau de
la Scarpe).
Et quel bel objet dynamique qu'un sentier ! Comme ils restent précis pour la
conscience musculaire les sentiers familiers de la colline ! Un poète évoque
tout ce dynamisme en un seul vers :
O mes chemins et leur cadence
(Jean Caubère, Déserts, éd. Debresse, p. 38.)
Quand je revis dynamiquement le chemin qui « gravissait » la colline, je suis
bien sûr que le chemin lui-même avait des muscles, des contre-muscles. Dans ma
chambre parisienne, cela m'est un bon exercice de me souvenir ainsi du chemin.
En écrivant cette page, je me sens libéré de mon devoir de promenade : je suis
sûr d'être sorti de chez moi.
(Gaston Bachelard, La poétique de l'espace, Quadrige/PUF, 1957)