Encore faut-il s'entendre sur les
définitions : les peintures de la chapelle Sixtine sont un modèle réduit en
dépit de leurs dimensions imposantes, puisque le thème qu'elles illustrent est
celui de la fin des temps. Il en est de même avec le symbolisme cosmique des
monuments religieux.
(Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, Plon,
1962, page 34)
Cette visite virtuelle suit l'itinéraire
initiatique proposé par Michel Masson dans La chapelle Sixtine, La Voie nue
(Les Éditions du Cerf, 2004).
J'avais déjà emprunté des citations de
Michel Masson, en particulier dans
la dernière page de mon musée imaginaire, où je
faisais le parallèle entre la Sibylle de Delphes et la dernière bande dessinée de Hergé. La chapelle Sixtine est en
effet comparable à une bande dessinée.
De ce titanesque puzzle je ne pouvais donner que quelques pièces, une vue
partielle qui rend mes propos sibyllins (justement !) et qui, je l'espère, vous donnera envie d'aller voir l'original.
L'ouvrage de Michel Masson est orthographié conformément aux dernières
recommandations de l'Académie française. On trouvera donc des graphies comme
voute, maitre, connaitre, évènement, etc.
Les images sont extraites de sites Internet, en particulier
http://www.insecula.com (Guide intégral du voyageur), et surtout de La
chapelle Sixtine révélée de Heinrich Pfeiffer (Hazan, 2007).
À la fin, il est question de « chapelle Sixtine » d'autres cultures que l'on disait
primitives, et maintenant (qu'elles ont été massacrées) premières : Jean Malaurie, dans Hummocks, Tchoukotka sibérienne,
(Terre Humaine, Plon, 1999) nous fait découvrir l'Allée des Baleines, haut lieu
de la culture esquimaude.
La dernière page aborde le chant, et conclut sur la question de la Faute et du
Salut.
Une fontaine de lumière
Entrons donc, comme le fidèle, par le portail face à l'autel : nous voici
confrontés à une gigantesque fontaine de couleur et de lumière.
[...]ce qu'on voit donc ici, c'est le sacré qui se libère du profane en
brisant ses murs : c'est une force qui ne s'enferme pas. Elle est jaillissement
et liberté. Elle dit : « Je suis Celui qui suis. » Mais ce jaillissement
et cette liberté ne sont pas le chaos : ils sont au contraire montrés comme
impérieusement structurés comme pour souligner que cet Être dépasse les
catégories humaines mais en fonction d'un ordre et d'une harmonie.
Ce qui est donné à voir ici est donc bien une révélation : dans une église, le
sacré est par définition toujours présent et la révélation toujours possible
pour chaque fidèle mais dans le secret de son cœur. Ici, le sacré décide de
surgir de la pierre silencieuse de l'autel, de dire ce qu'il est. Il se dévoile,
en quelque sorte, dans toute sa nudité.
(Michel Masson, La chapelle Sixtine, La Voie nue, Les Éditions du
Cerf, 2004, page 19)
Pour poursuivre la visite, vous pouvez cliquer sur le personnage au-dessus du chœur :
